Documentaire à visionner en replay sur ARTE + 7 jusqu’au 21 mai 2016.

http://www.arte.tv/guide/fr/053986-001-A/la-fin-des-ottomans-1-2?autoplay=1

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Ci-dessus, le lien pour un documentaire passionnant sur la fin de l’empire ottoman, à la croisée de nos programmes d’histoire (Sarajevo, Yougoslavie, génocide arménien), de géographie (Qu’est-ce que l’Europe ?, les limites de l’Europe, les religions en Europe) et fondamental pour comprendre le chapitre de terminale, l’année prochaine: le proche et le moyen orient : un foyer de conflits depuis la fin de la première guerre mondiale. Génial et indispensable !

 

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Le discours de François Hollande pour la journée nationale du Souvenir Algérie-Maroc-Tunisie, 19 mars 2016.

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Ici : http://www.elysee.fr/chronologie/#e12689,2016-03-23,d-placement-sur-le-th-me-de-la-sant-et-de-la-s-curit-sanitaire-internationale-en-pr-sence-de-m-jacob-zuma-pr-sident-de-la-r-publique-d-afrique-du-sud

Vous retrouverez l’agenda du président de la République. Il vous suffit de remonter au 19 mas et vous aurez accès au discours intégral en vidéo ou en tapuscrit.

 

Ici, un regard intéressant sur la controverse française dans un des principaux quotidiens algériens, El Watan : http://www.elwatan.com/hebdo/france/polemique-autour-du-19-mars-la-guerre-d-algerie-est-elle-finie-22-03-2016-317101_155.php

 

David Thomson, Les français jihadistes.

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David Thomson est journaliste à RFI (Radio France Internationale) dont il fût le correspondant en Libye et en Tunisie entre 2011 et 2013. Cette expérience en Afrique du Nord lui a permis d’assister à la montée en puissance des mouvements salafistes jihadistes dans la foulée du renversement des dictatures libyennes et tunisienne (la Tunisie est le pays au monde qui fournit le plus de jihadistes à destination de la Syrie). Plus tard, il prend contact en Tunisie puis en France avec plusieurs jihadistes français qui continueront de communiquer avec lui (par skype essentiellement) une fois installés en Syrie dans les différents mouvements prônant le jihad en Syrie (principalement le Front Al Nurah (la branche syrienne d’Al Qaida) et Daesh). Le livre, paru en 2014 soit 2 ans après les attentats de Mohammed Merah mais seulement quelques mois avant ceux de janvier et de novembre 2015,  laisse la parole à ces jeunes citoyens français qui font le choix de la guerre sainte par les armes. On suit donc différentes formes de radicalisation : par les réseaux de délinquance, par internet principalement (you tube, facebook et twitter les plus utilisés) mais jamais par des mosquées et toujours à l’insu des parents. David Thohmson se présente à ces jihadistes en tant que journaliste et leur garantit la confidentialité, sans jugement, ce afin de rendre compte le plus fidèlement possible leur cheminement dans la radicalisation, avec une liberté de ton parfois glaçante. Comme le précise la quatrième de couverture : « aller voir et rendre compte est la mission du journaliste. Juger est le privilège du lecteur. » Très loin des spécialistes autoproclamés qui se bousculent après chaque attentat sur les plateaux de télévision des chaines d’information continue…

Documenté et rigoureux sur les chiffres : 800 français dont 500 combattants ont rejoint la Syrie et/ou l’Irak (et non pas 4000 comme le prétend régulièrement Marine Le Pen), David Thomson décrit précisément les moyens utilisés pour permettre le départ (arnaque au crédit à la consommation par exemple), l’organisation des filières de recrutement (notamment les systèmes de mariages express pour les jeunes célibataires) en laissant toujours la parole aux jihadistes. Ce qui frappe, c’est avant tout la rapidité de cette « autoradicalisation » qui se fait « au grand jour » sur facebook ou twitter, et la simplicité du recrutement qui n’est plus du tout une affaire de spécialistes précautionneux et professionnels, mais accessible à partir d’un simple chat internet avec un pécule de départ de 1000 à 2000 euros et un billet d’avion réservé en quelques clics. L’exemple le plus frappant : celui de cet adolescent qui part en Syrie et qui commente en direct les différentes étapes de son trajet-photos à l’appui- sur son compte facebook.

Sans aucune complaisance, ce travail nous fait prendre conscience de la gravité et de l’importance du phénomène et également des enjeux de sociétés qu’il soulève.

Ainsi, je vous retranscris le dernier paragraphe du livre (encore une fois, écrit en 2014): « Enfin, le motif de retour le plus redouté par les autorités est celui de l’exécution d’une mission armée à la manière d’un Mohammed Merah. Dès lors que le contingent français en Syrie dépasse les trois cents engagés, il est réaliste de penser qu’une fraction d’entre eux tentera de revenir pour passer à l’acte. Avec ou sans « succès ». La menace pèse directement sur la France mais pas seulement. La Grande-Bretagne, la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, la Norvège et même le Danemark connaissent des vagues similaires. Pour s’en prémunir, la Grande-Bretagne a choisi, début 2014 une mesure radicale : le retrait pour ses ressortissants binationaux partis combattre en Syrie de la nationalité britannique. »

Du fait de son sujet, David Thomson est très présent sur twitter. Vous pouvez le suivre ici : https://twitter.com/_davidthomson

En entretien ici : https://www.youtube.com/watch?v=6Ybn464NCpg

 

 

 

 

Gerald Bronner, conférence sur la diffusion des croyances.

Gérald Bronner est sociologue, ce qui n’est pas trop grave puisque ça se soigne très bien aujourd’hui.

Spécialisé dans l’étude des croyances et de leurs modes de diffusion dans les sociétés il donne en avril 2014 une conférence à l’institut d’astrophysique de Paris pour donner des pistes de réflexion sur le succès chez une frange importante de nos concitoyens des théories complotistes ou plus largement des croyances les plus loufoques. Cette conférence dure une heure et se poursuit par 30 minutes d’échanges avec le public. Universitaire, auteur de la démocratie des crédules en 2013,  il a le mérite de s’exprimer clairement tout en éclairant des concepts parfois très abstraits. Deux idées importantes en lien avec les séances d’EMC à venir sur ce thème :

  1. L’idée selon laquelle, contrairement à ce que l’on aurait pu espérer, l’accès libre et instantané à l’information via internet et l’augmentation du niveau d’étude dans les sociétés démocratiques allait faire disparaitre les croyances et les théories complotistes farfelues se révèle fausse. Gerald Bronner explique que l’on observe plutôt l’inverse. En effet, les avis qui s’expriment sur internet ne sont pas, comme on pourrait le penser, représentatifs de l’opinion publique et ce gigantesque marché dérégulé de l’information favorise notamment la diffusion des croyances. Pourquoi ? Cela relève principalement selon lui, de la motivation des complotistes et des promoteurs de croyances. Ainsi un conspirationniste militant du 11 septembre 2001 va consacrer énormément de temps et d’efforts à occuper l’espace public pour promouvoir cette théorie. A l’inverse, ceux qui ne croient pas en cette théorie ne se sentent généralement pas concernés par ce problème, n’y pensent pas souvent et ont, de toutes façons, autre chose à faire que d’intervenir sur internet pour contrer ou démonter ce théories. Ainsi, comme nous le verrons prochainement, lorsque l’on fait une recherche par mots-clés sur ces croyances (le 11 septembre est un complot du gouvernement américain, les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper casher sont un complot du gouvernement français, le monstre du Loch Ness existe, la psychokinèse ça marche (c’est le fait de pouvoir contrôler et déplacer des objets avec votre esprit), les sites ou les vidéos qui sont favorables à ces croyances dominent très largement par leur nombre et leur place dans les classements référencés de google ou de youtube, ceux qui dénoncent ces croyances. Il y a donc là matière à réflexion sur  les usages d’internet et la diffusion de ces théories. Pour ceux qui veulent aller à l’essentiel voir à partir de la 28ème minute de la conférence.
  2. Un peu plus loin, vers 53 minutes : une autre réflexion intéressante sur ce qu’on appelle en terme savant le « biais cognitif » (ou l’illusion cognitive). En prenant appui sur une illusion d’optique très connue qui conduit par un effet de perspective tout bête notre cerveau à commettre une erreur de jugement, Gerald Bronner montre que le même effet peut être fabriqué à partir, non plus d’une image mais d’un raisonnement même très simple. Par ailleurs,  une personne raisonnable, intelligente avec un bon niveau d’étude peut se faire avoir, sauf si elle est mise en garde comme c’est le cas dans cette conférence. Je vous laisse ainsi découvrir le problème de la batte et de la balle de base ball. Tout cela conduit à montrer que notre raisonnement peut se faire court-circuiter par ce qui semble évident. En raisonnant trop vite ou par paresse, ce qui est évident parait vrai. Intéressant car les complotistes utilisent ces biais cognitifs à foison (« regardez, il n’y a pas d’avion sur les images du pentagone, c’est donc que l’avion n’existe pas… Si ce n’est pas un avion, c’est qu’il s’agit d’un missile, et donc d’un complot de l’armée américaine. » « Si les frères Kouachi sont arrivés en pleine conférence de rédaction de Charlie hebdo, c’est donc que quelqu’un les avait renseignés sur l’heure, c’est donc bien un complot… ».). Ajouter à cela que dans les vidéos conspirationnistes, le montage très rapide et l’accumulation hyper dense d’arguments ne laissent pas le temps d’effectuer le recul critique nécessaire à la réflexion et à la vérification des informations données, on peut comprendre que certains se laissent tenter par cette illusion de découvrir des complots cachés et ce sentiment flatteur d’appartenir à une élite éclairée.  Nous y reviendrons dans le cadre de l’EMC.

 

 

La Bataille de la Somme, comment filmer la guerre ?

La bataille de la Somme (The battle of the Somme), film britannique, 1916, réalisé par Geoffrey Malins et John B. Mac Dowell.
Dès le début de la guerre, les autorités militaires comprennent l’importance et l’efficacité du cinéma (encore muet à l’époque) dans la propagande à destination de l’arrière. C’est pour cela que le photographe de portraits Geoffrey Malins est recruté officiellement par l’armée britannique à l’automne 1915.
Ce film est tourné dès le début de l’offensive sur la Somme. Geoffrey Malins insistera après-guerre sur les risques pris pour pouvoir ramener des images au plus près des combats. Il faut cependant avoir un regard critique sur ces images. Devant l’impossibilité technique de filmer le non man’s land avec une caméra qui pèse à l’époque plus de 10 kilos, certaines scènes de combats ont été reconstituées et rejouées par les soldats britanniques sur les lignes arrières.
Il y a néanmoins des moments très marquants dans ce film. On y voit notamment à 25.29 les premières explosions dans le cadre de la guerre des mines qui démarre à 7h28 avant les premiers assauts du 1er juillert 1916. Les séquences suivantes montrent les soldats se préparant (assez tranquillement visiblement) à sortir des tranchées en ce jour funeste où 20 000 d’entre eux seront massacrés par les tirs de mitrailleuses allemandes. Encore plus impressionnant, remarquez à 27.44 l’explosion de la gigantesque mine de Hawthorn Ridge équivalente à celle de la Boisselle que nous avons pu observer in situ durant le voyage.
On peut sentir d’ailleurs que certains passages sont délibérément mis en scènes par les réalisateurs et les soldats doivent en quelque sorte  jouer la comédie devant la caméra (ainsi à 26.36). A 36.44, des soldats britanniques reviennent vers l’arrière avec des prisonniers allemands désarmés.
Les moments les plus forts sont surement ceux où les soldats reviennent directement du front complètement hagards (parfois en portant des blessés (dont certains sont allemands)) notamment à la 35ème minute. A partir de la 56ème minute : on voit les premiers cadavres ramassés et enterrés directement sur place.
Ce film est considéré comme le premier long métrage documentaire sur la guerre. A la fin de l’année 1916 il a été vu par 19 millions de britanniques dans les salles obscures participant à la prise de conscience du traumatisme que constituent au Royaume Uni les premiers jours de la bataille de la Somme.