Effet d’âge et effet de génération : deux notions à bien distinguer

Le sujet de dissertation entamé mercredi en cours vous invitait à réfléchir aux différences de socialisation entre générations. Plusieurs copies ont identifié, dans leur développement voire leur problématique, « génération » et « âge ». Une personne de 70 ans n’a pas le même âge qu’un jeune de 20 ans, c’est certain. Mais lorsque l’on parle de générations, on désigne des différences entre des individus qui ne sont pas nés au même moment : un retraité de 70 ans a un certain nombre de pratiques (loisirs, mode de vie, logement, etc.) qui sont dus au fait qu’il est né en 1947, et non simplement au fait qu’il a 70 ans. Autre exemple : le nombre de voitures par ménage n’est pas le même pour les personnes qui, en 2017, ont des âges différents. Cela s’explique à la fois

  • par un effet d’âge, qui serait valable à n’importe quelle époque : on n’achète pas deux voitures tant qu’on n’en a pas besoin, et c’est souvent l’arrivée des enfants dans un couple (vers la trentaine, statistiquement) qui amène un ménage à acheter un deuxième véhicule.
  • Il faut y ajouter un effet de génération qui tient à ce que les personnes nées dans les années 1960, par exemple, ont été habituées à un environnement de plus en plus peuplé d’automobiles, alors que les générations précédentes considéraient la voiture comme un luxe.
  • Par ailleurs, la période historique elle-même détermine la consommation d’automobile : le prix de l’essence ou encore le niveau des taux d’intérêt (qui jouent sur les possibilités de crédit pour financer l’achat d’une voiture) ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre.
effet-de-generation
Source : http://simbad.laet.science/documents/seminaire/010411/JLMadre.pdf

Pour revenir à votre sujet, on peut dire que les générations entrées sur le marché du travail à la fin des Trente glorieuses (années 1970) ont eu plus facilement des emplois, donc ont pu facilement décohabiter (quitter le logement de leurs parents), fonder une famille, etc., que les générations qui entrent maintenant sur le marché du travail (avec des études plus longues, mais aussi moins de perspectives d’emplois et un marché du logement moins favorable aux locataires, que sont souvent les jeunes). C’est avant tout un effet de génération et non pas un effet d’âge : les jeunes adultes ne sont pas condamnés, de tout temps, à connaître des situations difficiles pendant plusieurs années du point de vue de l’emploi, du logement, de l’indépendance financière. Et cela joue bien sûr sur la socialisation de ces générations.

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