Quelques films sur la crise financière

Nous avons vu en cours la majeure partie d’Inside Job, le documentaire de Charles Ferguson qui explique les racines et le déroulement de la crise des subprimes de 2008 et ses effets sur l’ensemble du système financier mondial.

Comme tous les épisodes historiques marquants, la crise financière dont l’Europe subit encore les contrecoups à l’heure actuelle, a donné lieu à une abondante production littéraire, artistique, et cinématographique. Plusieurs de ces oeuvres peuvent vous intéresser, pour leur contenu mais aussi parce qu’il s’agit de fictions très réussies du point de vue de leur intrigue, par exemple.

En ce moment dans les salles : The big short (le casse du siècle), une fiction tirée de faits réels. Au milieu des années 2000, tous les financiers n’étaient pas aveugles aux risques inconsidérés pris par la majorité des banques et des organismes de crédit (immobilier notamment).the-big-short-wide-crop_1400.0 Certains s’en inquiètent et finissent par inventer des produits financiers dont la valeur augmente quand les CDO et les CDS des grandes banques voient leur valeur s’effondrer. C’est ce qu’on appelle être « short » sur un produit (d’où le titre) : parier sur la chute de son cours même si celle-ci est improbable. Evidemment, ils paraissent à moitié fous à leurs collègues… Construit comme une comédie, très rythmé et entrecoupé de séquences explicatives parfaitement amenées, ce film est une excellente conclusion au chapitre que nous venons de voir en cours. Et le casting est parfait (Steve Carell, Ryan Gosling, Brad Pitt, notamment).

margin-call-affiche-francaisePlus ancien, et moins didactique, Margin Call, de JC Chandor, se déroule en à peine 24h, à partir du moment où un trader d’une grande banque d’affaires (il s’agit de Lehman Brothers, bien sûr) se rend compte que les modèles mathématiques très complexes qui permettaient à la banque de cacher à ses clients l’étendue de ses créances pourries (son « exposition » à des défauts de dette) s’avèreront insuffisants, dès le lendemain. Dès lors, les dirigeants de la banque (dont Jeremy Irons et Kevin Spacey, admirables) cherchent la meilleure stratégie de sortie : tout le monde se rend compte que la banque va faire faillite, mais chacun cherche à « refiler » à d’autres les créances pourries… Beaucoup plus noir et plus théâtral (la majeure partie du film se déroule en huis clos, avec peu de personnages), Margin call est une sorte de thriller financier où même les bad guys sont fascinants.

Cleveland contre Wall Street, sorti en 2010, est fondé sur des faits réels, mais reconstitue un procès fictifclevelandvsws : les habitants de Cleveland, une grande ville américaine qui a eu à souffrir de la crise immobilière des subprimes, intentent un procès aux banques qui ont bénéficié de ces crédits. Le film cherche à dégager la responsabilité des banques, des courtiers immobiliers, et des ménages eux-mêmes. Parfois très démonstratif, le film mène néanmoins une réflexion très fouillée et assez simple à suivre, sans se perdre dans trop de complexités financières.

On pourrait citer bien d’autres oeuvres, à commencer par celles qui sont centrées sur l’âge d’or de la finance américaine – les années 1980 -, au moment où les banquiers et les traders deviennent des personnages à la fois fascinants et totalement déconnectés du reste de la société américaine : c’est ce que décrit très bien Le loup de Wall Street, de Scorsese, dans un genre très différent. N’hésitez pas à recommander d’autres oeuvres, en commentaires.

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