La socialisation genrée

Devenir un homme ou une femme, ce n’est pas seulement une question de biologie.

Margaret Mead
Margaret Mead

Bien sûr, la génétique détermine en partie la morphologie féminine ou masculine (organes, musculature, pilosité, etc.). Mais « la féminité », par exemple, a un contenu particulièrement variable d’une culture à une autre. On peut s’appuyer ici, comme cas d’école, sur l’étude classique de Margaret Mead sur les sociétés des archipels océaniens, dans lesquels les comportements considérés comme féminins ou masculins sont très variables.

Les Chambuli […] pensent comme nous qu’hommes et femmes sont profondément différents dans leur psychologie. Mais, contrairement à nous, ils sont persuadés que la femme est, par « nature », entreprenante, dynamique, solidaire avec les membres de son sexe, extravertie ; et que l’homme est, en revanche, sensible, moins sûr de lui, très soucieux de son apparence, facilement jaloux de ses semblables. C’est que, chez les Chambuli, ce sont les femmes qui détiennent le pouvoir économique et qui assurent l’essentiel de la subsistance du groupe, alors que les hommes se consacrent principalement à des activités cérémonielles et esthétiques, qui les mettent souvent en compétition les uns avec les autres.

A quoi tient la différence entre la société chambuli et la nôtre ? Certainement pas à la biologie : hommes et femmes y sont constitués comme dans notre société. Cependant, le fait que les femmes y détiennent le pouvoir économique incite à les éduquer à prendre des responsabilités, s’affirmer, se montrer compétitives et combattives. A l’inverse, les hommes sont éduqués dès leur plus tendre enfance à se soucier de leurs proches, à s’en occuper, et à trouver une femme qui prenne soin d’eux et nourrisse le foyer.

On voit par là que les rôles sociaux correspondant au masculin ou au féminin sont variables (dans l’espace mais aussi dans le temps) et qu’ils correspondent donc à des normes sociales : une femme chambuli réservée, apprêtée et sensible sera considérée comme anormale, compte tenu de son rôle, c’est-à-dire de ce que la société attend d’elle (pensez au « rôle » d’un comédien de théâtre : il s’agit d’endosser un comportement qui n’est pas choisi, même si on peut l’interpréter avec un peu de latitude).

Rapport-sur-les-stereotypes-de-genre-30-mesures-pour-plus-de-mixite-et-d-egaliteLa socialisation aboutit donc à former des garçons et des filles, à l’image de ce que la société attend d’eux. On parle de « genre masculin » ou de « genre féminin » pour distinguer ces rôles de la simple différence biologique : bien sûr, si on a des organes sexuels masculins, on est un homme au sens biologique du terme. Mais cela ne dit rien des comportements, des attitudes, des représentations, des sentiments et des émotions, qui correspondront à « un homme » dans telle ou telle société : ça, c’est une affaire de genre, et non de sexe.

Dernier argument : la socialisation des enfants s’effectue beaucoup au travers des jouets. Or ceux-ci ont tendance à renforcer et à reproduire des stéréotypes de genre.

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Deux chansons à connaître.

Une des nombreuses versions de la Chanson de Craonne interprétée par Marc Orgeret. Bonus pour l’un d’entre vous lundi s’il se propose de chanter sérieusement au moins 2 couplets et le refrain…

Un hommage aux combats de Jean Jaurès pour l’amélioration de la vie des ouvriers et la lutte contre la guerre, chanté par Jacques Brel en 1977, sur son dernier disque. Très beau texte.

SES : révisions du chapitre 1

Lundi, comme prévu, nous verrons ensemble les points qui vous posent problème dans le chapitre 1 (le rôle de l’État dans l’économie). 

Notez en commentaire les questions que vous vous posez, en prenant soin d’être le plus précis possible. Par exemple, écrivez « je ne vois pas quelle est la différence entre prélèvements obligatoires et cotisations sociales ». À vous !

La ZAC d’Ermont Eaubonne, un projet d’aménagement contestable ?

Ci-joint le questionnaire avec les documents qui vous aideront à construire la composition sur la ZAC d’Ermont Eaubonne.

French President Francois Hollande (R) wears a hard hat as he visits housing construction with Housing and Equality of Territories Minister Cecile Duflot at the urban redevelopment site in Ermont-Eaubonne near Paris February 1, 2013. /Credit:WOJAZER-POOL/SIPA/SIPA/1302011814
French President Francois Hollande (R) wears a hard hat as he visits housing construction with Housing and Equality of Territories Minister Cecile Duflot at the urban redevelopment site in Ermont-Eaubonne near Paris February 1, 2013. /Credit:WOJAZER-POOL/SIPA/SIPA/1302011814

Visite de François Hollande sur le chantier de la ZAC d’Ermont Eaubonne le 1er février 2013.

questionnaire sur la gare et la ZAC d’Ermont Eaubonne