Chap 2 GT1: prolongement. Tibulle, Elégies (1er s. av JC)

Présentation: Tibulle est un poète lyrique latin du Ier siècle av. J.-C. qui chante dans sa poésie les charmes de l’amour et d’une vie tranquille à la campagne, loin de la gloire et des conflits armés. On sait peu de choses à son sujet, si ce n’est qu’il a dû, malgré lui, accompagner son mécène Messala dans une campagne militaire qui se termina rapidement pour lui, car il tomba malade. Les valeurs de l’époque sont beaucoup moins guerrières, axées davantage sur la recherche du bonheur individuel, d’autant que l’empereur Auguste a rétabli la paix, après une période de guerres civiles. La tragédie a laissé la place à la poésie lyrique, d’expression plus personnelle et plus simple. L’éloge de la Paix qui procure joies et plaisirs bucoliques, et l’évocation de l’Âge d’Or où l’homme ne connaissait pas la guerre, sont des lieux communs de cette poésie : le poète peut y exprimer son dégoût pour la guerre sans passer pour un lâche.

Texte (en traduction): Quel est le premier qui apporta l’horrible épée ? Quel sauvage, celui-là, quel coeur de fer vraiment ! Alors naquirent pour le genre humain les meurtres et les combats ; alors s’ouvrit à la mort farouche une voie plus courte. Mais non, le malheureux n’a pas été coupable, c’est nous qui le sommes, nous qui avons tourné vers notre propre perte les armes qu’il nous donna contre les bêtes féroces. La faute en est à l’or qui enrichit ; la guerre n’existait point, lorsque devant ses plats on n’avait qu’une coupe en hêtre. Les citadelles, les palissades n’existaient pas, et le conducteur du troupeau trouvait un sommeil tranquille au milieu de ses brebis aux toisons différentes. J’aurais dû vivre alors, ô Valgius ; je n’aurais pas connu les tristes armes, ni senti mon coeur battre aux accents de la trompette. Maintenant on me traîne à la guerre, et déjà peut-être quelque ennemi porte le trait qui doit rester fixé dans mon flanc. […]
Qu’un autre soit brave dans les combats ; qu’il abatte, avec l’aide de Mars, les chefs ennemis, pour que je puisse en buvant entendre un soldat me conter ses exploits, et tracer avec du vin son camp sur la table !
Quelle folie de courir dans les guerres au-devant de la sombre Mort ! elle est si près déjà et qui vient en secret de son pas taciturne ! Il n’est pas de moissons dans la terre, pas de riches vignobles ; mais on y voit l’avide Cerbère et le hideux nocher de l’onde du Styx. Là, les joues meurtries et les cheveux brûlés, une troupe pâle erre autour des lacs ténébreux.

-> Comment la guerre est-elle présentée dans ce texte, à votre avis? Comparez avec les textes grecs vus précédemment.

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