Qu’est-ce que la demande globale ?

Le PIB, on l’a vu, est la somme de toutes les richesses créées chaque année par l’économie française. Cela représente quelques milliards d’euros (2100 milliards) de carottes, d’automobiles, de services à la personne, d’électricité et de quelques autres biens et services. Autrement dit, c’est une somme de productions, ou en d’autres termes, une offre globale. On appelle en effet « offre » tout ce qui est mis sur le marché par les producteurs (c’est-à-dire par les entreprises, auxquelles on peut ajouter associations et administrations publiques).

1697944Sur un marché, à une offre répond une demande : celle-ci correspond aux acheteurs de carottes, d’automobiles, de services à la personne ou d’électricité. Dès lors, on peut affirmer que tout ce qui a été produit par l’économie française en un an, a été acheté : à l’offre globale (le PIB) correspond une demande globale. Celle-ci correspond à l’addition de la demande de tous les biens et services produits.

Le premier ensemble d’acheteurs sont, tout simplement, des ménages : lorsque vous faites les courses au supermarché, vous contribuez à faire augmenter la somme qui a été consacrée à acheter des produits français, c’est-à-dire la consommation, que l’on note C. 

Mais généralement… vous n’achetez pas que des produits français : vous achetez également des produits étrangers, c’est-à-dire des importations. Il s’agit donc d’une demande qui est adressée au marché des biens et services chinois, coréens, américains, etc. De même, à l’étranger, des consommateurs peuvent acheter des produits français : ils permettent alors à des producteurs français d’augmenter leurs exportations. En somme, une partie du PIB français part à l’étranger, tandis qu’une partie du PIB de pays étranger est acheté en France. Au total, il y a donc une deuxième composante de la demande globale : la différence (le solde) entre les exportations et les importations, que l’on note (X-M).

Est-ce tout ? Qui d’autres peut acheter des produits français ? Non seulement des ménages (français ou étrangers), mais aussi des entreprises. Par exemple, une entreprise de transport routier qui achète des camions ne « consomme » pas, elle achète du capital pour l’utiliser ensuite dans sa production (de services de transports, en l’occurence). C’est ce qu’on appelle l’investissement (I), ou en termes plus techniques et plus précis, la « formation brute de capital fixe » (FBCF).

Enfin, l’État lui-même peut acheter des biens et des services. Exemples : faire construire une route par une entreprise privée, c’est faire augmenter la dépense publique. De même, lorsqu’un lycée achète un TNI, c’est la région (i.e. la puissance publique) qui dépense pour acheter du matériel (du capital, dirait-on s’il s’agissait d’une entreprise). La dernière composante de la demande globale est donc la dépense publique, notée G.

On a donc, au total, et en milliards d’euros (ou de dollars, peu importe de quel pays on parle) :

DG = C + I + G + (X-M)

En toute rigueur, si les producteurs produisaient exactement ce pour quoi il existe une demande, et pas plus (ni moins), on pourrait remplacer DG par PIB, dans cette équation : l’offre devrait être égale à la demande. Le problème est que, précisément, les entreprises ne sont pas toujours à même de connaître parfaitement la demande qui s’adresse à elle. Il est possible qu’elles produisent trop et que des stocks leur restent sur les bras (il faudra donc ajouter à l’équation la variation des stocks d’une année sur l’autre).

Il est également possible qu’elles ne produisent pas assez. Dans ce cas, le PIB recule, ou du moins, sa croissance faiblit : c’est la crise. Dès lors, c’est à la puissance publique de prendre le relais du marché, pour éviter que l’on reste en équilibre de sous-emploi (les entreprises produisent peu, investissent peu, embauchent peu, notamment parce que les ménages ont des revenus trop faibles pour consommer, par exemple). On peut, par exemple, augmenter les dépenses publiques pour gonfler la demande globale, ou encore distribuer des revenus de transfert aux ménages en baissant les impôts ou en augmentant les prestations sociales. L’idée est de faire en sorte que l’augmentation de la demande globale incite les entreprises à produire plus, donc à investir, et à embaucher.

John-maynard-keynesCe modèle, que l’on doit à John M. Keynes, explique donc la nécessité de l’intervention de l’État (au sens large) dans l’économie, par l’imperfection des marchés. Si ces derniers fonctionnaient de manière parfaite, aucune demande ne serait laissée de côté. Mais lorsque la consommation faiblit, par exemple, ou bien lorsque les taux d’intérêt augmentent (rendant l’investissement plus cher et l’épargne plus profitable), il peut arriver que les entrepreneurs sur-réagissent, créant les conditions d’une crise. Dans ce cas, il revient à la puissance publique d’investir à la place de ceux qui ne le font pas assez, ou de soutenir la consommation. C’est exactement ce genre de politiques qui ont été mises en oeuvre dans les années 1930, pour remédier à la crise de 1929, par les États occidentaux.

Publicités

Un commentaire sur “Qu’est-ce que la demande globale ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s