Chap2 GT3: autour du poème « Le Dormeur du val » de Rimbaud.

Gustave Courbet, L’Homme blessé (1844-1854)

Nous avons déjà croisé ce peintre réaliste dans le cours du chapitre 1. Je vous invite à vous y reporter.

Question: Quels rapprochements pouvez-vous faire entre ce tableau et le poème « Le Dormeur du val » de Rimbaud (composé en 1870)?

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Chap 2. GT 2: autour du texte d’Agrippa d’Aubigné: le baroque.

  • Allez donc voir le site de la BNF, qui présente en images le baroque et le maniérisme.
  • Pour lire quelques exemples de poèmes baroques.
  • Pour lire une définition complète du baroque.
  • Sur la vanité, en particulier, souvenez-vous de notre analyse de l’eau-forte d’Otto Dix (voir notre préparation du voyage à l’Historial de Péronne). 
Simon Renard de Saint André (1613-1677). Vanité

Chap 2. GT 2: une forme poétique du Moyen-Age: la ballade

Le mot « ballade » vient du verbe baller, qui signifiait danser. Ne pas confondre, évidemment, avec la « balade », terme familier pour évoquer une promenade.

Une ballade est un petit poème composé de trois couplets et d’un « envoi », en vers égaux, avec un refrain. Les trois couplets sont symétriquement égaux, soit pour le nombre de vers, soit pour l’enlacement des rimes. A l’instar du rondeau (autre poème médiéval de forme fixe), il traite généralement de sujets légers et badins.

Chap 2 GT1: prolongement. Tibulle, Elégies (1er s. av JC)

Présentation: Tibulle est un poète lyrique latin du Ier siècle av. J.-C. qui chante dans sa poésie les charmes de l’amour et d’une vie tranquille à la campagne, loin de la gloire et des conflits armés. On sait peu de choses à son sujet, si ce n’est qu’il a dû, malgré lui, accompagner son mécène Messala dans une campagne militaire qui se termina rapidement pour lui, car il tomba malade. Les valeurs de l’époque sont beaucoup moins guerrières, axées davantage sur la recherche du bonheur individuel, d’autant que l’empereur Auguste a rétabli la paix, après une période de guerres civiles. La tragédie a laissé la place à la poésie lyrique, d’expression plus personnelle et plus simple. L’éloge de la Paix qui procure joies et plaisirs bucoliques, et l’évocation de l’Âge d’Or où l’homme ne connaissait pas la guerre, sont des lieux communs de cette poésie : le poète peut y exprimer son dégoût pour la guerre sans passer pour un lâche.

Texte (en traduction): Quel est le premier qui apporta l’horrible épée ? Quel sauvage, celui-là, quel coeur de fer vraiment ! Alors naquirent pour le genre humain les meurtres et les combats ; alors s’ouvrit à la mort farouche une voie plus courte. Mais non, le malheureux n’a pas été coupable, c’est nous qui le sommes, nous qui avons tourné vers notre propre perte les armes qu’il nous donna contre les bêtes féroces. La faute en est à l’or qui enrichit ; la guerre n’existait point, lorsque devant ses plats on n’avait qu’une coupe en hêtre. Les citadelles, les palissades n’existaient pas, et le conducteur du troupeau trouvait un sommeil tranquille au milieu de ses brebis aux toisons différentes. J’aurais dû vivre alors, ô Valgius ; je n’aurais pas connu les tristes armes, ni senti mon coeur battre aux accents de la trompette. Maintenant on me traîne à la guerre, et déjà peut-être quelque ennemi porte le trait qui doit rester fixé dans mon flanc. […]
Qu’un autre soit brave dans les combats ; qu’il abatte, avec l’aide de Mars, les chefs ennemis, pour que je puisse en buvant entendre un soldat me conter ses exploits, et tracer avec du vin son camp sur la table !
Quelle folie de courir dans les guerres au-devant de la sombre Mort ! elle est si près déjà et qui vient en secret de son pas taciturne ! Il n’est pas de moissons dans la terre, pas de riches vignobles ; mais on y voit l’avide Cerbère et le hideux nocher de l’onde du Styx. Là, les joues meurtries et les cheveux brûlés, une troupe pâle erre autour des lacs ténébreux.

-> Comment la guerre est-elle présentée dans ce texte, à votre avis? Comparez avec les textes grecs vus précédemment.

Chapitre 2: Dire la guerre en poésie. Introduction au GT1: La guerre vue par les poètes de l’Antiquité

L’Antiquité grecque est marquée par l’héroïsme épique de l’Iliade d’Homère (VIIIe s. av. JC) qui exalte les valeurs guerrières de bravoure et d’honneur. Cependant, même dans cette oeuvre, le poète est sensible à la cruauté de la guerre, à ses victimes, à la douleur des guerriers, des parents ou des épouses qui ont perdu l’être aimé.

Les auteurs tragiques (ici, Eschyle et Euripide), trois siècles après Homère, se placent souvent dans le camp des vaincus, pour déplorer les malheurs de la guerre et en montrer une vision plus humaine dépourvue de l’exaltation et de l’amplification épiques. Ils s’interrogent sur les responsabilités humaines ou divines, sur la valeur morale des actes des hommes, en montrant que tout n’est pas permis aux vainqueurs.

Eléments pour le texte 1: Homère, Iliade.

Homère est le premier auteur de la littérature grecque, et même occidentale. Son influence a été considérable sur toute notre culture. Il a vécu, semble-t-il, au VIIIe siècle avant J.-C., certainement dans le monde grec d’Asie Mineure, dont la civilisation était brillante. On ne sait rien de façon sûre sur lui : la tradition en fait un aveugle. La «question homérique» agite les esprits depuis l’Antiquité : Homère a-t-il existé ? S’agit-il d’un ou plusieurs auteurs ? N’est-il qu’un compilateur ? Il est établi que l’Iliade et l’Odyssée évoquent des événements qui se situent vers l’an 1200 (la guerre de Troie et le retour des guerriers achéens – grecs- dans leur patrie), donc quatre siècles avant l’écriture des épopées homériques. On sait qu’il a existé, pendant toute cette période, une très riche poésie orale transmise à travers les générations. Les poèmes homériques sont le résultat de toute cette tradition, et on est convenu d’appeler Homère le poète responsable de la composition de l’ensemble, même s’il emprunte vraisemblablement à des sources diverses.

Pour en savoir plus sur Homère et l’Iliade, allez voir cette exposition en ligne de la BNF

http://expositions.bnf.fr/homere/arret/01.htm